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Le Dhikr et la récitation du Coran sans bouger les lèvres

Réponse de Oum Souaib, étudiante en sciences religieuses avec l'autorisation de Sheikh Ferkous

3 min

Question : Comment allez-vous ? Je voulais vous demander si on fait du zikr dans notre fort intérieur ou qu'on lit le Coran ou des invocations sans parler ni bouger les lèvres. C'est dans...

Question : Comment allez-vous ? Je voulais vous demander si on fait du zikr dans notre fort intérieur ou qu'on lit le Coran ou des invocations sans parler ni bouger les lèvres. C'est dans notre fort intérieur, mais on entend ce qu'on dit à l'intérieur de nous. Est-ce permis ? On est récompensé pour ou pas du tout ? Sinon, pourquoi et quels sont les dalils ?

Réponse

Oustadha : Cette question demande qu’on bouge toujours les lèvres quand on parle, car en arabe, le terme « kalam » (parole) signifie qu’il faut bouger les lèvres. Si on ne parle pas à voix haute, ce n’est pas considéré comme une parole, mais plutôt comme un « Hadith al-Nafs », c’est-à-dire une parole intérieure. Le fort intérieur, ou « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du vrai discours parce que tu ne bouges pas les lèvres. Même en écoutant, c’est aussi du « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du « kalam » au sens strict. En arabe, le « kalam » implique nécessairement le mouvement des lèvres.

L’interlocutrice : Même dans ce fort intérieur, il peut y avoir des wasawis (mauvaises suggestions). Moi, je sais que j’entends ces waswas, parfois elles sont si fortes que je pourrais même les exprimer à voix haute.

Oustadha : Oui, mais ce qui se passe dans le fort intérieur n’est pas considéré comme une parole. Dans un verset où Allah, l’Exalté, parle, il est expliqué que les compagnons avaient des pensées dans leur fort intérieur qui pouvaient être soit un péché, soit une récompense. Avant l’islam, il n’était pas permis de prononcer certaines pensées à haute voix. Même si ces pensées étaient mauvaises, elles restaient dans le fort intérieur sans être exprimées.

L’interlocutrice : Avant quoi exactement ?

Oustadha : Avant l’islam. Au début de l’islam, les compagnons ressentaient cette difficulté. Parfois, ils avaient des pensées dans leur fort intérieur, bonnes ou mauvaises, qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Ce verset leur a été révélé pour les éclairer.

L’interlocutrice : Donc, nos pensées étaient jugées, même si elles ne sont pas exprimées oralement ?

Oustadha : Oui, les compagnons ont dit que c’était très difficile. Ils disaient qu’ils ne pouvaient pas supporter cela. Allah leur a dit de ne pas s’inquiéter, d’écouter et d’oublier certaines pensées. Subhanallah, quand le Prophète leur a dit cela, ils n’ont rien répliqué, car c’était vraiment difficile. On pense à beaucoup de choses, y compris de mauvaises. Alors, Allah les a consolés en disant que ce qui se passe dans le fort intérieur, toutes ces pensées, n’engage pas une récompense ni un péché tant qu’elles ne sont pas exprimées par la parole.

Et les compagnons étaient très heureux. Parce que, franchement, tu vois, l'obéissance au Prophète ﷺ n’est pas quelque chose de contre nature, mais c'était très difficile. Cependant, par obéissance au Prophète ﷺ et par obéissance à Allah عز وجل, Allah عز وجل a dit qu’Il allait légiférer... je ne sais pas comment on peut dire...

L’interlocutrice : Réduire ?

Oustadha : Oui, réduire. Alléger.

L’interlocutrice : Alléger, pardon.

Oustadha : Voilà, alléger. C’est-à-dire que ce ne sont pas juste des paroles sans valeur, ce n’est pas qu’on ne veut pas de récompense ou qu’on veut éviter un péché. Mais en arabe, pour qu’une chose soit considérée comme une “parole”, il faut bouger les lèvres.

C’est pour ça que même dans la prière faite à voix basse, il faut au moins bouger les lèvres. Sinon, la prière n’est pas valide, il faut la refaire.

Il faut au minimum bouger les lèvres. Et tu peux, dans ta récitation intérieure (comme dans les prières silencieuses, par exemple le ẓuhr ou le ‘aṣr), légèrement hausser le ton si tu veux, mais le minimum, c’est de bouger les lèvres, car parler implique un mouvement visible des lèvres.

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